Le procès de Ravensbrück PDF

Mais ces camps ne formaient pas le modèle des camps de concentration nazis et ne leur ressemblaient pas à tous égards, même s’ils étaient similaires chez certains.


À Hambourg, le 5 décembre 1946, s’ouvre le procès de Ravensbrück auquel Germaine Tillion (1907-2008) assiste en tant que représentante de l’ensemble des déportées résistantes françaises. Quinze ans avant Hannah Arendt et le célèbre procès Eichmann, elle questionne déjà le système concentrationnaire. Elle observe les criminels nazis, commente à chaud les réquisitoires, s’interroge, s’indigne… et rapporte le tout, par écrit, à ses camarades rescapées du camp.

Marie-Laure Le Foulon revient sur ce procès et sur le parcours, pendant la Seconde Guerre mondiale, de cette ethnologue entrée en 2015 au Panthéon aux côtés de Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay. Enrichi de documents précieux, tels les articles parus à l’époque dans le bulletin de l’Association nationale des anciennes déportées et internées de la Résistance, Voix et Visages, ce livre est l’occasion de découvrir ou de réentendre une combattante de la liberté, une grande figure de la conscience humaine.
Un travail de mémoire nécessaire qui éclaire le difficile exercice de la justice des hommes.

Nous nous sommes repliés jusqu’à Belfort où j’ai été fait prisonnier dans la nuit du 20 au 21 juin 1940. J’ai été mis avec quelques compatriotes espagnols et transféré à Mulhouse. Les gens étouffés. Il n’y avait pas assez d’air pour respirer, encore moins de quoi manger ou boire. Tous les prisonniers avaient été traités équitablement, a dit Bader.-}